A défaut de "vérité"...quelques faits solidement établis :
1. La pollution c'est bien sûr le gaz carbonique et le méthane, mais également le N2O, le SO2 et toutes sortes de particules. Tous ces composants ont vu leur concentration augmenter très rapidement depuis l'ère pré-industrielle. Ainsi le CO2, après avoir connu une période de grande stabilité depuis l'an 1000 d'environ 280 parties par million (ppm), a augmenté rapidement de 1800 à 2000 pour atteindre 360 ppm. De même pour le méthane (CH4) et le N2O qui sont passés respectivement de 750 parties par milliard (ppb) à 1600 ppb et de 270 ppb à 310 ppb. Une évolution intéressante est toutefois observée pour le SO2 (aérosols sulfatés) dont la concentration, après une croissance rapide, en Europe et aux Etats-Unis, de 1800 à 1980, est passée par un maximum et a amorcé une décroissance...preuve que les mesures prises en la matière peuvent avoir une certaine efficacité.
L'homme n'est bien entendu pas le seul facteur à l'origine de la pollution. En ce qui concerne les volcans, les éruptions récentes d'El Chichon et du Pinatubo ont donné lieu, à l'échelle de la planète et sur une période d'environ un an, à une augmentation des concentrations de particules en suspension dans l'atmosphère dont l'effet net a été une réduction de la température moyenne de la Terre.
Pour ce qui est du gaz carbonique, l'équilibre observé depuis l'an 1000 résultait de flux équilibrés des surfaces (océans, continents) vers l'atmosphère et de l'atmosphère vers les surfaces (photosynthèse, absorption par les océans) de l'ordre de 200 milliards de tonnes de carbone par an (soit 3,7 fois plus en terme de masse de gaz carbonique). La perturbation apportée par l'activité humaine est aujourd'hui de 8 milliards de tonnes par an. Ce "faible" pourcentage est cependant à l'origine d'un problème majeur dans la mesure où seule la moitié de cet excès est réabsorbée par les surfaces, l'autre moitié s'ajoutant au stock atmosphérique...d'où une rupture d'équilibre d'autant plus inquiétante que les constantes de temps mises en jeu (c'est à dire le temps de retour à l'équilibre initial en cas d'arrêt des émissions) se comptent en dizaines d'années.
2. Au sujet des "régénérations" par l'homme, plusieurs essais d'ensemencement des océans ont été tentés. Il semblerait que les résultats ne soient pas très probants. Il existe également des tentatives de "captation" du gaz carbonique qui pourraient s'avérer être des pistes intéressantes. Il faut en tous cas aborder "l'ingéniérie environnementale" (qualifiée par certains de métier d'apprenti sorcier) avec une grande prudence...la voie la plus sûre semblant être celle d'attaquer les problèmes à leur source (les émissions) !
3. Il est certain que l'effet de serre est avant tout dû à la vapeur d'eau. Cette elle qui permet d'avoir une température à la surface de la Terre de 15 °C, à comparer aux -18 °C qui résulteraient d'une atmosphère sèche composée uniquement d'azote et d'oxygène moléculaires. Il s'agit en fait d'un problème cumulatif des différents gaz à effet de serre. En effet, contrairement à une idée fausse qui circule parfois au sujet "d'une saturation" de l'effet de serre se produisant à partir du moment où l'atmosphère deviendrait opaque dans tout le domaine infrarouge, l'accumulation de gaz à effet de serre accroît continûment la température à la surface dune planète...c'est d'ailleurs un effet bien connu dans le cas de Vénus dont la température à la surface du sol est de l'ordre de 450 °C.
Il est par ailleurs intéressant de noter la rétroaction positive du gaz carbonique sur la vapeur d'eau. En effet l'accroissement de température à la surface de la Terre, induit par l'augmentation de la concentration en gaz carbonique, entraine une augmentation de la pression de vapeur saturante. Il en résulte une augmentation de la vapeur d'eau atmosphérique qui en terme d'effet de serre double celui du gaz carbonique.
4. La dame "nature"
C'est bien grâce aux travaux des glaciologues, qui ont pu analyser les climats du passé à partir des carottes de glace (sur près de 1 million d'années) et les relier de façon certaine aux paramètres astronomiques qui régissent le mouvement de la Terre autour du soleil, que l'on peut avancer que la rapidité des changements observés à l'échelle d'un siècle ont un caractère exceptionnel "très probablement" (terme utilisé par le Groupe Inter Gouvernemental d'Etude du Climat) attribuable à l'activité humaine.
Modifié 2 fois. Dernière modification le 04/11/09 17:09 par Pierre B.